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Article paru sur le Marseille Bondy Blog - 2 février 2011

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2012 : le forum mondial prend l'eau !

 

LA GESTION PUBLIQUE de l'eau est au coeur du débat public marseillais. Gaëlle a rencontré Alain Nicolas, Président de « Eau Secours Marseille Métropole » et membre de la coordination « Eau Bien Commun 13 » pour y voir plus clair !

2012, année cruciale pour l'eau à Marseille. Comme nous l'évoquions déjà, la Communauté Urbaine va avoir à trancher entre le maintien d'une gestion privée ou la reprise en main par le secteur public de l'assainissement, l'acheminement, et la distribution de l'eau aux citoyens. Trois questions à Alain Nicolas, Président de « Eau Secours Marseille Métropole » :

Pouvez-vous nous faire un bref historique de la situation ?

Les investissements pour l'arrivée de l'eau douce à Marseille ont été faits au XIXème. Les pouvoirs publics de l'époque ont engagé des frais énormes pour les infrastructures, assainir l'eau de la Durance et la délivrer dans les foyers marseillais. Après la 2ème guerre Mondiale, les collectivités ont considéré que le réseau coûtait trop cher à entretenir et en ont confié la gestion à une entreprise privée, la Société des Eaux de Marseille. Cette Délégation de Service Public arrive bientôt à son terme et c'est le moment de la remettre en question.

Pourquoi remettre en cause cette DSP ?

Depuis juillet 2010, l'accès à l'eau potable est devenu un droit de l'homme selon la définition des Nations Unies. Cette ressource ne doit donc pas faire l'objet de profits, comme c'est le cas pour les entreprises qui la gèrent. Or, les infrastructures marseillaises ont plus d'un siècle, il va falloir les rénover, et le secteur privé ne va pas se gêner pour répercuter ces sommes sur la collectivité.
L'un de nos chevaux de batailles est de fournir aux plus défavorisés un minimum d'eau gratuite. D'une manière générale, toutes les villes qui sont revenues à une gestion publique de l'eau ont vu son prix baisser spectaculairement, parfois de moitié. C'est ce qui s'est passé à Paris, Toulouse, et Grenoble, sans pour autant que la qualité du service s'en ressente.

Quelles sont les actions proposées par votre coordination ?

Notre collectif civil comporte des particuliers, des associations, des ONG, et des élus. Nous menons une campagne de sensibilisation auprès de ces derniers sur les enjeux de l'eau, question cruciale du XXIème siècle. La plupart de ceux qui participent sont de gauche ou de sensibilité écologiste, mais il n'est pas impensable que certaines personnalités de droite nous rejoignent. Le position nationale du PS est en faveur d'une gestion publique, mais les leaders locaux ne sont pas forcément d'accord. Eugène Caselli, président de la collectivité qui gère le prochain appel d'offre, est majoritaire d'une voix seulement, cela le rend peut-être un peu frileux.
Notre principale action consistera à opposer un Forum Alternatif au Forum Mondial de l'Eau qui se tiendra à Marseille en mars 2012, et rassemblera gouvernements et chefs d'Etats. Nicolas Sarkozy dont ce sera certainement la dernière intervention de dimension internationale avant les présidentielles sera là. Il aura fallu énormément d'argent public pour organiser ce forum privé !
Nous demandons que le Conseil Mondial de l'Eau, dont le président est affilié à Veolia, soit placé sous l'égide de l'ONU, et non d'entreprises commerciales. Lorsque ce sera le cas, le problème de l'organisation de forums "alternatifs" pour rendre compte des échecs retentissants de la stratégie du profit, et aussi des solutions démocratiques à la gestion de l'eau trouvées un peu partout dans le monde, ne devrait plus se poser !

Gaëlle Cloarec
Club de la Presse Marseille Provence :
Gaëlle Cloarec, journaliste pigiste sur Marseille